Le Douanier Rousseau, un peintre peu ordinaire

 

C’est dans la ville de Laval (située à 300 km à l’Ouest de Paris) que naît Henri Rousseau, plus communément appelé le Douanier Rousseau. Très vite, s’il ne semble pas s’épanouir sur les bancs de l’école, il se découvre une certaine appétence pour les arts. Seulement, ses parents n’ayant pas les moyens de lui offrir des études dans le domaine qu’il affectionne, Henri Rousseau devra, dans un premier temps, renoncer à une carrière de peintre. 

Passage à l’armée

Du haut de ses dix-neuf ans, il est employé chez l’avoué Fillon à Angers.  C’est dans ce contexte qu’il rencontre deux autres jeunes hommes, avec l’aide desquels il dérobera de l’argent à son employeur. Leurs indélicatesses découvertes, Henri Rousseau est alors condamné à aller en prison. Afin d'échapper à la maison de correction, il saisit alors la seule solution qui s’offre à lui : il endosse l’uniforme et s’engage pour sept ans. Contrairement aux rumeurs, Rousseau n’a jamais quitté la France. Il s’est inspiré des récits des militaires ayant participé à l’expédition française au Mexique pour ses célèbres toiles autour du thème de la jungle. 

Vie parisienne 

Réformé de l’armée, Henri Rousseau se retrouve à Paris en 1868. C’est de son premier emploi dans la capitale qu’il tirera plus tard son surnom de “Douanier”; employé à l’octroi (ancienne douane), il est chargé d’enregistrer les flux de marchandises de la Seine. 

Un an après son arrivée à Paris il se marie avec Clémence Boitard, avec qui il aura cinq enfants - mais dont un seul parviendra à l’âge adulte. Veuf depuis 1888, il se remarie avec Joséphine-Rosalie Nourry.

Oeuvre controversée 

Dès les années 70, il se met à peindre dans un petit atelier derrière le quartier de Montparnasse. Il finit par obtenir une carte de copiste du musée du Louvre, au musée du Luxembourg et au Château de Versailles. En 1885, il expose pour la première fois au Salon des Indépendants. N’ayant pas reçu de formation académique artistique, Rousseau se retrouve très souvent moqué - son travail n’est pas pris au sérieux et jugé enfantin. La critique suivante l’illustre parfaitement: « C’est évidemment l’œuvre d’un enfant de dix ans , qui a voulu dessiner des « bonhommes ». Il faut aussi conclure que ledit enfant ne sait point observer ; c’est son imagination qui a fait tous les frais de sa peinture ». Il faudra attendre 1891 pour voir apparaître la première critique positive sur le Douanier Rousseau.

Si le Douanier a souvent été critiqué par ses contemporains, il réussit à susciter l’admiration chez certains pairs. On lui connaît notamment une relation avec des grandes figures de l’Art Moderne comme Delaunay, Apollinaire ou Picasso. Ce dernier conservera d’ailleurs toute sa vie 4 œuvres du Douanier Rousseau dont une qu’il place comme “l’un des plus véridiques portraits psychologiques français “. En 1908, la figure du cubisme accueille même Le Douanier Rousseau dans son atelier du Bateau Lavoir et organise un banquet en son honneur. Cette soirée restera un événement marquant dans la vie du Douanier.